Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Guide du pèlerin

contrairement à une idée répandue, cet ouvrage diffusé d'abord en latin dans le dernier quart du XIXe siècle puis en français à partir de 1938 n'a pas trouvé place dans les besaces des pèlerins médiévaux et n'a pas préfiguré les Guides bleus. Datable des années 1160, il figure uniquement dans le Codex Calixtinus* dont il compose la dernière partie. Il est resté pratiquement inconnu, n'ayant été reproduit qu'à un petit nombre d'exemplaires.
Un texte bien plus court avait été écrit peu avant 1135. Dans quel but ? L’aire géographique couvre uniquement la grande Aquitaine, principauté indépendante très convoitée des royaumes voisins. En 1135, Alphonse VII* se déclarait empereur, successeur de Charlemagne. Il invitait les seigneurs aquitains à Compostelle, sanctuaire royal, pour les cérémonies de son couronnement en leur donnant quelques indications de route, balisées par leurs sanctuaires préférés, les plus courus de l’époque : Saint-Gilles, Montpellier et Toulouse ; Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy de Conques et Saint-Pierre de Moissac ; Sainte-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et Périgueux ; Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean d’Angély, Saint-Eutrope de Saintes et Bordeaux. Son espoir de s’en faire des vassaux est déçu puisque, deux ans plus tard, Aliénor apporte l’Aquitaine en dot au roi de France.
Vers 1157, au moment de la minorité menacée du jeune Alphonse VIII*, la Chronique d’Alphonse VII, rappelle la légitimité du jeune héritier en racontant les cérémonies de 1135 qui avaient fait de son grand-père « le chef de l’Empire de tous… semblable à Charlemagne* dont il a suivi les faits. Ils furent égaux par la race, identiques par la force des armes ». Avaient été invités
« tous les seigneurs de toute la Gascogne* et de toutes les régions qui s’étendent jusqu’au Rhône, ainsi que Guillaume de Montpellier, vinrent ensemble trouver le roi, reçurent de lui de l’argent et de l’or, de nombreux cadeaux, divers et précieux, beaucoup de chevaux, se reconnurent comme ses sujets et promirent de lui obéir en toute chose. Et beaucoup de fils de comtes, de ducs et de seigneurs de France, ainsi que des Poitevins en grand nombre vinrent à lui, et reçurent des armes ainsi que d’autres présents en grande quantité. Ainsi les frontières du royaume d’Alphonse, roi de Léon, s’étendirent-elles désormais des rives de l’Océan, c’est-à-dire du rocher de Saint-Jacques, jusqu’au cours du Rhône ».
Ce n’est donc pas un hasard si, à ce moment, le Guide du pèlerin* est repris et complété pour le Codex Calixtinus*. La mention d’Orléans est ajoutée, en hommage aux « ducs et seigneurs de France », ainsi qu’une allusion « aux pèlerins qui auront entendu ces informations ». Mais c’est déjà trop tard, l’Aquitaine* est anglaise. Le Codex Calixtinus reste dans son état neuf, et quelques rares copies en sont effectuées, avec seulement des résumés du Guide. En 1177, Aliénor d’Angleterre apporte la Gascogne* en dot à son époux.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article